J’ai constaté que ma douleur émotionnelle gérait ma douleur physique.

Je m’explique : j’ai une douleur récurrente, elle varie selon mon humeur et mes craintes. Si je suis gaie, avec des amis, ma souffrance s’atténue. Même chose si j’ai une occupation très intéressante. En revanche, quand je dois aller quelque part, je crains de devoir marcher ou monter des escaliers ou rester debout et là…. Ma douleur au genou est extrêmement forte. C’est très flagrant dans le bus. Si je suis heureuse de ma journée, je me sens toute guillerette, ma souffrance diminue alors qu’après une journée de me**e, je présente ma carte d’invalidité avec un visage fermé tellement la douleur est lancinante.

J’ai donc pris la décision de modifier ma façon de voir les choses, de vivre ma vie.

J’ai compris également que parfois je me « victimise », victime de cet accident, victime de cette blessure, victime de la vie… pourquoi moi, j’étais si jeune ?

Si je parviens à changer mon point de vue, à être complètement RESPONSABLE de ma vie, qu’arrivera- il ? Le mieux est d’essayer et me voilà partie sur mon nouveau chemin

J’ai imaginé une roue dans la paume de ma main gauche, remplie de petits points ressemblant à un bracelet de perles. Chacune d'elle symbolise une façon de penser/d’agir différente.

OK, j’ai passé une mauvaise journée, tout allait de travers, j’ai été humiliée au boulot, mais MAINTENANT, à l’instant présent, je suis dehors, je décide de fermer la porte à cette triste expérience.

Pour cela, je me concentre sur ce que je fais immédiatement : je marche sur le trottoir tranquillement, je prends le temps d'observer mon environnement, mon regard cherche un peu de verdure, un arbre, une fleur qui se faufile dans le bitume. Je me souris, je suis fière de moi, satisfaite de prendre ma vie en main. Puis j’attends le bus, j’en profite pour faire de grandes respirations, ect.ect.. Tout cela me permet d'oublier ma journée, c’est un SAS pour passer une bonne soirée. Je suis ravie d’avoir jeté mon dévolu sur cette perle. Je me sens plus légère… tien, j’ai moins mal !

Le jeu est de choisir son point de vue du moment, parfois, il m’est impossible de me focaliser sur l’instant présent. Alors je pénètre mon imaginaire, je cherche un souvenir heureux et je m’y plonge à 100 %, je ressens l’émotion de joie, de bonheur et j’y reste le plus longtemps possible. Jusqu’au sourire qui se dessine sur mes lèvres, la fierté d’avoir réussi.

Si jamais, rien n’y fait, si je rumine ma mauvaise journée, hé bien, je l’accepte, je l’accueille. l Se battre CONTRE, c'est nourrir ce qui nous blesse, plus nous y pensons, plus nous lui donnons de l'importance. Quand j'ai un instant, je calme mon esprit grâce à la respiration ou d’autres astuces.

Nous avons un nombre incalculable de facettes (point de vue) c’est à nous, et à nous seuls de choisir ce qui nous rend heureux. Au début, il faut de la persévérance, car le mental revient au galop, mais je n’oublie jamais qu’il est mon ami, je lui parle comme à un enfant turbulent.

Aujourd’hui, je n’ai plus de rééducation et très très rarement mal. J’ai utilisé cette méthode pour d’autres douleurs et j’ai découvert qu’on pouvait s’autoguérir. Elle est pas belle la vie.?

Belle route mes p'tis loups.

Syl