Pour moi, l’empathie était la faculté de se mettre à la place d’une autre personne, afin de la réconforter ou la comprendre.

Jeune adulte, j’étais une véritable éponge, quand je rentrais à la maison, j’avais le sentiment que le souci de cette copine était le mien.

Avec la maturité, j’ai appris à laisser les problèmes à leur propriétaire.

Ma récente expérience m’a prouvé que l’empathie est bien plus que cela.

a) En pleine nuit, je me réveille avec une gène au col du fémur, je prends quelques grandes respirations et la douleur disparait. Je trouve cela curieux, car mon petit cousin vient de se fracturer cet os.

b) Le lendemain, une de mes sœurs m’annonce qu’elle a très mal au ventre depuis plusieurs jours, ses symptômes sont identiques aux miens.

c) Je regarde une série télé et…l’acteur est empathe ! Il s’isole, car il ressent toutes les émotions de son entourage.

Toutes ces synchronicités m’amènent à me poser des questions, et si j’étais très empathique ?

Je surfe sur le net pour trouver une astuce pour gérer cela. Comme j’aime bien la visualisation, je sors mon énooorme tronçonneuse du placard et je coupe le cordon qui relie mon ventre à celui de ma sœur. Ma douleur s’évapore illico.

Je connais la puissance de la pensée et de l’intuition, mais chaque fois je suis sciée (sans jeu de mots).

Quelques jours plus tard, je pars au bord de la mer, je suis tout heureuse et excitée à l’idée d’y aller. Pourtant arrivée à destination, ma bonne humeur s’alourdit d’heure en heure, je ne comprends pas, cela se produit souvent. J’étais si contente et maintenant je ne me reconnais pas. Je me contrarie pour un rien, à croire que je cherche n’importe quel motif pour râler. J’ai lu qu’il fallait accepter, accueillir, j'essaie, sans succès, je tente une méditation… mais rien n’y fait. Alors, je me bas contre cette mauvaise humeur qui me gâche mon week-end.

Puis le mot empathie se met à tourner dans ma tête, ni une ni deux, je sors ma tronçonneuse hi !hi ! Je la passe au-dessus, puis en dessous de moi, en face, derrière et sur les côtés. Résultat : la joie et la bonne humeur reviennent immédiatement. Je regarde autour de moi, et je réalise que je capte l’ambiance générale, la morosité ambiante, la tristesse et l’inquiétude de tous ces visages masqués.

On m’avait déjà dit des choses du genre « ouh là là quand j’arrive à XXX, quelle énergie lourde » Je me demandais comment ils voyaient ça, je croyais qu'ils voyaient quelque chose. Aujourd’hui je comprends… non seulement je ressens, j’ai toujours ressenti, mais je pensais qu’il s’agissait de MON humeur, de mon caractère changeant, jamais je n’avais relié cela à l’empathie, à la faculté de ressentir l'énergie, l'ambiance générale.

À l’appui de cette découverte, des souvenirs ressurgissent et tout s’explique. Ma crise de larmes en prenant le métro à St Lazare juste pour une incivilité alors que 2 min plus tôt, j’étais toute joyeuse de retrouver des amis, ma tristesse en arrivant dans un lieu ou en parlant à quelqu’un. Depuis toute jeune, ça me tombe sans cesse dessus, je comprends aussi pourquoi j’avais ce besoin de m’isoler. J’ai toujours su que mes réactions étaient bizarres sans me les expliquer. Nous sommes partis plusieurs années en vacances au même endroit, dès que j’arrivais dans ce camping, les larmes montaient et je passais des heures face à la mer sur les rochers en pleurant. Je trouvais toujours des excuses à ma tristesse, mais cela sonnait faux.

Je relate mon expérience, car si on m’avait expliqué que l’empathie pouvait aller jusque-là, et se manifester ainsi, je me serais peut-être demandé si la colère, la tristesse que je vivais m’appartenaient.

Si vous constatez ces sautes d’humeur, vous pouvez toujours chercher « votre » astuce pour gérer cela. Ne croyez pas que cela n’arrive qu’aux autres. Nous sommes TOUS des êtres sensibles, hypersensibles, mais nous l’ignorons.

Gros bisous mes p’tits loups.

Syl